Pierre Chabal & Philippe Genet – La banque du sperme (1976)

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Les Gazolines est un groupe issu du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) formé à Paris en 1972 et dissous en 1974. Leur nom proviendrait de la chanson Gasoline Alley de Rod Stewart. Le mouvement est fondé par Maud Molyneux, Patrick Bertaux et Paquita Paquin comme une «sorte de continuation du FHAR». Parmi ses figures les plus connues, on compte Marie France — en quelque sorte la « mascotte » du groupe, même si elle n’en faisait pas partie, une sorte d’«égérie» —, Hélène Hazera, Jenny Bel’Air. Constitué de travestis3 et de femmes déguisées3, le petit groupe se signale par sa provocation esthétique, idéologique, et ses jeux sur le genre. Son cri de ralliement est «Bite !» Au départ, le groupe est surnommé les «Camping Gaz Girls». Jouant sur sa visibilité de «folles» mise en mots par Jean Genet dans Notre-Dame des Fleurs, ses membres manifestaient un humour «camp», proclamant que «le maquillage est une manière de vivre», ou encore «Prolétaires de tous les pays, caressez-vous» et «Nationalisons les usines de paillettes!» Leur comportement suscita souvent le scandale, par exemple lorsque les Gazolines renversèrent un car de police lors d’une manifestation contre la destruction des Halles de Paris ou lors des funérailles du militant maoïste Pierre Overney. Selon certaines féministes dont Françoise d’Eaubonne, l’outrance des Gazolines aurait amené en retour la création des Gouines rouges et l’éclatement du FHAR. Des films comme La Banque du sperme de Philippe Genet et Pierre Chabal ou Les Intrigues de Sylvia Couski (1974) d’Adolfo Arrieta témoignent de leur vivacité et de leur impertinence. Les Gazolines, que Marie-France définit comme un «groupe de copains» se séparent en 1974.

Les Gazolines était le nom d’une escouade clinquante d’une douzaine de folles qui, en 1972, se regroupèrent en un groupuscule transgenre, apparu au coeur du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), fondé par des gays et des lesbiennes des Beaux-Arts. Leur motivation ? Bousculer l’esprit de sérieux qui caractérisait l’après 68. Hédonistes, certes, mais surtout d’une incroyable subversion dans une France qui, depuis 1960, avait classé l’homosexualité comme « fléau social, aux côtés de l’alcoolisme, la prostitution et la tuberculose », les Gazolines, aux manières efféminées jusqu’à la caricature, avaient pour mot d’ordre : « champagne, coke et falbalas ». Par l’« hénaurme » et par la bouffonnerie, les Gazolines ont foudroyé la honte que ressentaient celles et ceux dont on disait qu’ils n’étaient pas « comme tout le monde ». Leurs manifestations farcesques pulvérisaient autant l’orgueil démesuré des révolutionnaires que la France de papa. En 1974, après avoir tourné « La Banque du Sperme », un film de Philippe Genet et Pierre Chabal, les Gazos tireront leur révérence dans un gros nuage de fumée rose. « On était douze pintades, c’était très marginal, on se mettait du rouge à lèvres et on hurlait des slogans provocateurs. Il n’y a pas de quoi être fières », témoignait il y a peu de temps encore l’une d’entre elles. Il n’en reste pas moins vrai que les Gazolines, c’était la première Gay Pride française.

Hélène Fleckinger revient sur l’effervescence qui a entouré le FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire) dans les années 1970. « Nous sommes un fléau social: cinéma, vidéo et luttes homosexuelles » se penche sur les films et les documents vidéos laissés par les membres et sympathisants du mouvement, reflet de leurs revendications et instruments de contestation politique. Ces films militants donnent une conception révolutionnaire de la sexualité (Lionel Soukaz en est le représentant le plus connu), plutôt féministe chez les militantes lesbiennes(avec le collectif Vidéa). L’audace politique de ce cinéma se double d’une originalité esthétique, autour de l’autobiographie et de la mise en scène du corps chez Maria Klonaris et Katerina Thomadaki (Double labyrinthe, 1975-1976), ou à travers la théâtralité des « folles » efféminées dans La Banque du sperme de Philippe Genet et Pierre Chabal (1975), mettant en oeuvre une véritable « mobilisation érotique », comme l’écrivait joliment Jean-François Garsi.

344MB | 15m 23s | 730×548 | mkv

https://nitro.download/view/B50BFA59B0D147B/Philippe_Genet_&_Pierre_Chabal_-_(1975)_La_Banque_du_sperme.mkv

Language(s):French intertitles
Subtitles:None

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